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Bye bye Livret Aaargh... Hello ETF ?

đŸ„„Temps de lecture : 
7
 min.

Il y a ceux pour qui le marchĂ© est un moment sympa pour faire ses courses le samedi matin. Et ceux pour qui c’est plutĂŽt un rendez-vous quotidien... sur les apps de boursicotage.

Entre ceux qui remplissent leur panier de poireaux le week-end đŸ„Źet ceux qui blindent leurs portefeuilles d’actions nuit et jour 📈 quel est le juste milieu ?

Aujourd’hui, on dĂ©crypte avec vous les placements sur les marchĂ©s et on vous explique pourquoi il vaut mieux garder votre CDI que de vous lancer dans le trading depuis votre canap' si vous n’ĂȘtes pas Warren Buffett.

MĂ©fiez-vous de l’argent qui dort

Quand on a un peu d’argent Ă  investir, on n’a peur que d’une chose : prendre la mauvaise dĂ©cision – celle qui vous ferait perdre un peu ce prĂ©cieux pactole durement acquis.

Une chose est sĂ»re : la plus mauvaise dĂ©cision, c’est de ne rien faire. Quelques Ă©lĂ©ments de contexte pour resituer les choses.

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En ce moment, Ă©pargner c’est perdre de l’argent. Livret A, Livret DĂ©veloppement Durable : ces placements traditionnels sont “sĂ©curitaires” car ils garantissent un rendement Ă  taux fixe. ProblĂšme : dĂ©sormais, leur taux est extrĂȘmement bas - le taux du livret A baisse encore (0,5 %) Ă  partir du 1er fĂ©vrier 2020 ! - et surtout, infĂ©rieur Ă  l’inflation. C’est Ă  dire que le 31 dĂ©cembre, mĂȘme en compilant tous vos intĂ©rĂȘts, votre livret A vaut moins qu’au 1er janvier prĂ©cĂ©dent. On vous le dit : c’est le Livret Aaargh.

Les marchĂ©s financiers ont une rentabilitĂ© supĂ©rieure sur le long terme. Sur les 30 derniĂšres annĂ©es, les actions ont gagnĂ© 461 %. Pour l’immobilier parisien, c’est 402 %, et seulement 135 % pour le livret A. Évidemment, le risque n’est pas le mĂȘme.

Mais alors, si on veut investir sur les marchés, on fait comment ? Les ETF sont une des solutions.

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ETF ? WTF ?

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"ETF", ça ne vous dit rien ? C’est un produit financier pas du tout WTF qui est apparu dans les annĂ©es 2010 et qui se dĂ©veloppe de plus en plus.

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Traditionnellement, lorsqu’on investit en bourse, on investit dans un placement de “gestion active” : un fonds plus ou moins diversifiĂ©, pilotĂ© par un gĂ©rant. Ce modĂšle a des limites, car : 

1) Il coûte cher : ces fonds de gestion active facturent leur service : entre 2 et 3 % du montant investi.

2) Il ne rapporte pas tant que ça : les gros fonds ont de plus en plus de mal Ă  “sur-performer” par rapport au marchĂ©. Alors mĂȘme quand ils promettent des performances Ă©levĂ©es, ils ont du mal Ă  dĂ©livrer.

Et sans vouloir accabler ces pauvres gestionnaires d’actifs, des scientifiques de Princeton ont montrĂ© que mĂȘme des singes pouvaient atteindre un niveau de performance supĂ©rieure en gestion d’investissements đŸ”...

Du coup, si on n’a envie de confier son argent ni Ă  ces fonds spĂ©cialisĂ©s, ni Ă  des singes, on fait quoi ? On suit le conseil de Warren (toujours dans les bons coups) en investissant dans des fonds indiciels, aka des ETF.

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Ok Spoune, mais c’est quoi un ETF ?

C’est quoi le principe ? Ce qui coĂ»te le plus cher dans la gestion de capital, c’est le salaire du gĂ©rant. Depuis quelques annĂ©es, on distingue les fonds de gestion active (gĂ©rĂ©s par des humains) des fonds de gestion passive (gĂ©rĂ©s par des algorithmes) aux frais de gestion moins Ă©levĂ©s. C’est notamment le cas des ETF, ou Exchange Traded Funds.

Comment ça marche ? Ils sont indexĂ©s sur les grands indices du marchĂ© (CAC40 en France, S&P aux US) mais aussi sur certains indices sectoriels (des indices qui rĂ©unissent les grandes actions bancaires, ou les grandes actions du secteur pharmaceutique, par exemple), dont ils rĂ©pliquent le niveau de performance. D’oĂč leur surnom de Tracker.

Et les perfs ? Comme ils sont accessibles à peu de frais (0,25 % des montants investis), ils rapportent souvent plus que la gestion active : sur certains fonds, les frais peuvent grignoter jusqu’à 44% de la performance !

Et le risque ? C’est toujours risquĂ© d’investir sur les marchĂ©s. Mais les ETF rĂ©pliquant le marchĂ© dans sa globalitĂ©, on suit le marchĂ© dans sa totalitĂ© et on Ă©vite de tout perdre parce qu’on a investi sur une entreprise qui, manque de bol, fait faillite.

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C’est encore Warren qui le dit : si vous ĂȘtes un amateur et que vous n’avez pas envie de passer 6 heures par jour Ă  dĂ©crypter le marchĂ©, les ETF offrent le meilleur rapport qualitĂ© / prix possible. À condition de respecter deux choses :

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‍La diversification des actifs : la rĂ©partition des supports d’investissements (actifs risquĂ©s / non risquĂ©s / cash / secteurs variĂ©s) explique 90% du rendement de votre portefeuille, contre seulement 10% pour le choix du fonds, selon l’excellent livre Unconventional success.

Son auteur, David Swensen, est directeur des investissements de l’universitĂ© Yale (l'une des plus riches institutions US) depuis 1985 !

N’investissez donc pas tout sur un ETF de niche spĂ©cialisĂ© sur le whisky ou la marijuana...

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2

L’étalement dans le temps : ne placez pas tout d’un coup. Vous ne voudriez pas tout investir dans le marchĂ© Ă  la veille d’un krach.

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Et quelques conseils qui valent toujours avant de se lancer dans un placement :

â–ș  Attention au pigeon. Investir sur les marchĂ©s, c’est comme jouer au poker : si vous ne savez pas qui est le pigeon autour de la table, il y a de fortes chances que ce soit vous.

â–ș  MĂ©fiez-vous des bonnes affaires : Ă  chaque fois que vous achetez une action parce que vous pensez qu’elle va monter, en face, il y a un vendeur qui pense qu’elle va baisser. Et il y a de grandes chances que ce soit un professionnel qui passe sa journĂ©e Ă  ça.

â–ș  Regardez les frais : si vous choisissez un ETF pour minimiser les frais de gestion, ce n’est pas pour le placer sur le compte-titres aux frais les plus Ă©levĂ©s !

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Crédits images : Fausto Montanari (illustration 1 et 3), Levi Jacobs (illustration 2)

Uppercut de fin de soirée

ou l'info pour se la donner

Plus tĂŽt, on vous parlait de cette Ă©tude de Princeton (source plutĂŽt sĂ©rieuse) qui a comparĂ© les compĂ©tences financiĂšres des singes et des banquiers. Comment ils s’y sont pris ? En faisant lancer aux singes des flĂ©chettes sur les pages Finance d’un journal. Ils constituaient ensuite des portefeuilles en fonction de lĂ  oĂč Ă©taient tombĂ©es les flĂ©chettes. LĂ  oĂč ça devient intĂ©ressant, c’est que ces portefeuilles Ă©taient plus performants que le marchĂ© dans 98 % des cas...

Comment c’est possible ? Apparemment, tout simplement parce que les pages Finance, sur lesquels les singes jetaient les flĂ©chettes, se focaliseraient sur des petites entreprises prometteuses ayant connu une valorisation supĂ©rieure au marchĂ©.

Alors pour votre prochain investissement, ne filez pas votre pactole aux singes : lisez plutĂŽt le journal. Ou encore mieux : la prochaine news Spoune :)