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Quand le maxxing va un peu trop loin…

Quand le maxxing va un peu trop loin…

Chez Spoune, vous le savez, on a rien contre le terme “dev perso”. Aller vers la meilleure version de soi-même, qui peut vraiment être contre ? 

Mais en même temps, parfois, le mieux est l’ennemi du bien – notamment quand on parle du “maxxing”, cette tendance qui cherche à optimiser le corps à tout prix pour entrer dans le cercle très restreint des mâles alpha. D’où la question… 

Le “maxx” est-il l’ennemi du bien ?

Notre Spounsor du jour : Matis

Ceci n’est pas une pipe…

... mais c’est un super tuyau : Matis, le spécialiste dans l’investissement de l’art, s’ouvre désormais à l’art moderne ! Avec, en ce moment, la possibilité de co-investir dans un grand nom du XXème siècle : René Magritte himself, un des noms les plus recherchés du marché de l’art. Bon à savoir : sur les 25 cessions réalisées depuis le lancement de la société en mai 2023 (sur 80 œuvres co-financées), Matis a délivré une performance nette investisseur moyenne de 16,7%*. Pour en savoir plus, c’est là.

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. L’investissement dans des actifs non cotés présente un risque de perte partielle ou totale du capital investi.

Spoune, mon niveau d’information sur le maxxing frôle le minimum… Dis m’en plus, please !

Proteinmaxxing, moneymaxxing, sleepmaxxing : à chacun son style de maxxing ! Concrètement, ça consiste à tout donner pour atteindre un objectif. Tout ? 

Tout donner, OK, mais jusqu’à quel point, exactement ? Peut-être que le challenge qui permet le mieux de comprendre ça, c’est celui de l’apricot-maxxing.

Le principe est simple : mettre dans sa bouche le maximum d’abricots. Pour une personne normale, c’est 5 (2 dans les joues, 3 au milieu). Mais pour repousser la limite, les maxxers sont prêts à adopter des techniques bien intenses… 

  • 🧘 Intensité level 1 (7 abricots)
    • technique : méditation
    • objectif : supprimer le réflexe pharyngé (aka l’envie de vomir)
  • 💪 Intensité level 2 (9 abricots) 
    • technique : injections de corticostéroïdes 
    • objectif : relâchement des muscles des joues
  • 🧑‍⚕️ Intensité level 3 (10 abricots)
    • technique : extension palatale
    • objectif : élargissement de la mâchoire (grâce à une intervention appelée “SARPE” et consistant à séparer les os qui se rejoignent en haut de votre palais)
  • 🤯 Intensité level 4 (12/14 abricots)
    • technique - “cheek slashing”
    • objectif : très vénère, cette technique consiste à pratiquer des incisions dans vos joues pour les élargir… et ainsi rajouter 2 (voire 4 !) abricots en plus. 

Mhh mmOK Spoune, mais omment eu é our arlé avé 14 ahiho ans a ouche ?

Parler avec 14 abricots dans la bouche ? Bah oui c’est pas évident... Mais vous aurez la joie de rejoindre la confrérie des maxxers – ces stoïciens ultimes pour qui l’esprit prime sur le corps

Cette idée du corps comme un “poids mort” existait déjà dans plusieurs religions (le fameux “péché de la chair”), mais elle a tout de même grimpé d’un cran dans les 90’s avec l’émergence des transhumanistes : comme l’explique l’anthropologue David le Breton dans L’Adieu au corps, pour eux, le corps est un objet obsolète à supprimer pour accéder à la vie éternelle – par exemple en uploadant notre cerveau dans un cloud 🧠

Mais alors que les transhumanistes ciblaient nos capacités “invisibles” (espérance de vie, conscience, mémoire, intelligence), les maxxers, eux, veulent utiliser la technologie pour hacker leur corps. 

Hacker ton corps ? Ah que c’est quand même une drôle d’idée, Spoune… 

Quand on écoute Braden Peters (aka Clavicular, pionnier des Lookmaxxers), on dirait presque que l’idée n’est pas nouvelle : ça fait longtemps que l’art classique étudie les proportions humaines. Et pour Clavicular, justement, sa beauté vient de ses ratios

  • Midface ratio : 1,07 (distance yeux/bouche divisée par la distance entre les deux yeux)
  • Lowface ratio : 2,6 (hauteur du menton rapporté à la taille du philtrum, à savoir la petite fossette entre la lèvre supérieure et le nez).
  • Sans oublier l’amplitude claviculaire dont il tire son surnom : 49,5 cm. 

Sauf que pour arriver à ces chiffres, Clavicular s’injecte pas mal de trucs : 

  • testostérone (que son corps ne sait plus produire naturellement), 
  • stéroïdes (pour gonfler sa masse musculaire), 
  • beta-bloquants (pour diminuer le stress)
  • minoxidil (pour épaissir les cheveux)
  • mélatonine (pour bronzer)
  • sans oublier le botox, les peptides et même de la meth… 

Mais surtout, Clavicular est un adepte du bone mashing – technique qui consiste à se briser les os du visage avec un petit marteau pour les épaissir, et qui passait pour une légende du site Looksmax.org… jusqu’à ce que Clavicular himself n’en démontre les résultats. 

Ça paraît un peu cher payé, non Spoune? 

Au final, les maxxers ne sont peut-être que des gens qui ont regardé la géniale conférence le paradoxe du choix de Barry Schwartz. Celle qui distingue deux manières de prendre une décision : 

  • Les satisficers qui cherchent l’efficacité – aka optimiser leur rapport satisfaction/temps passé (exemple : je préfère manger un sandwich classique en 2 min qu’attendre 15 min pour un sandwich de hipster)
  • Les maximiser qui refusent les compromis – et cherchent le meilleur à tout prix. 

Chercher le meilleur pour soi, pourquoi pas 🤷. Mais vouloir imposer ses standards aux autres, ou mépriser ceux qui n’y adhèrent pas, c’est plus problématique. Car Clavicular, c’est aussi des propos misogynes, des humiliations publiques ou des chorés sur des tubes néo-nazis… 

Et c’est là que la quête des maxxers ne sent pas toujours très bon, car elle est aussi très liée à la culture incel, et à la radicalisation des jeunes hommes dans leur vision des rapports de genre. Radicalisation qui devient assez flippante, comme le montrait récemment Les Glorieuses…. 

Résultats obtenus auprès d’un panel de 23 000 hommes dans 29 pays… 

Le rapport avec Clavicular ? C’est que, tel une sorte de nouveau Dorian Gray, sa beauté extérieure vient seulement recouvrir un intérieur nettement moins reluisant…🪞

Ohlala Spoune, et la morale, dans tout ça ? 

Ah, la morale ! Le moralmaxxing deviendra-t-il un jour tendance ? Eh bien en vrai, c’est un peu le cas grâce James Talarico : un pasteur qui représentera le parti démocrate aux prochaines élections sénatoriales du Texas. Son succès, Talarico le doit à sa foi inclusive (il soutient que Dieu est non-binaire) et ses vidéos qui ont buzzé pour une raison assez inattendue : parce qu’il reste super poli et calme face à des opposants agressifs. Exemple ? Cette vidéo où il démonte les propos xénophobes de J.D. Vance

Alors, gardons espoir ! Peut-être que chez nous aussi, bientôt, moralité rimera vraiment avec viralité sur les réseaux… 

Conclusion

Récemment, Tim Ferris grand adepte du développement personnel, a cherché à résumer ce que 20 ans à bosser dans le self help lui avait appris. Et sa conclusion était que la plus grande limite du self help est contenue dans son nom : on peut s’améliorer soi-même tant qu’on le veut, si on ne cherche pas à un moment à améliorer ses relations avec les autres ou son environnement, on ne sera jamais plus heureux. Pour le dire autrement, le selfmaxxing n’a aucun sens s’il ne s’accompagne pas d’un peu de othermaxxing 😉

*Performance nette investisseur : montant reversé à l'investisseur, net de tout frais et brut de fiscalité, qui correspond à la différence entre le prix de cession de l'œuvre et son montant d'acquisition, auquel sont retranchés les frais afférents à la commission de la galerie, les taxes et les frais de Matis.

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