Spoune

Spoune, c'est 2 emails par mois 📩
pour devenir money-smart 💡
Abonnez vous !
Bienvenue à bord ! à très vite dans votre boîte aux lettres.
Oops! Something went wrong while submitting the form.
Recevoir Spoune

La microéconomie à vélo

Summer of Spoune ep.1

C’est l’été ! Pour ce mois de juillet, on vous a concocté un Summer of Spoune spécial “la microéconomie en vacances”. La prochaine fois, on parlera plage, apéros entre potes et biais cognitifs…🤨

Mais en attendant, on commence avec un autre grand rendez-vous de juillet : le Tour de France 🇫🇷

Bah quoi ? Le charme des socquettes légères et des coups de bordure vous laissent froid ? Vous trouvez débile de regarder des types pédaler pendant des heures à la télé ? Vous allez peut-être changer d’avis : plus qu’un sport, le Tour de France est une micro-société qui se prête parfaitement à un examen socio-spounesque. Parce que c’est l’été et qu’on est bientôt en roue libre, aujourd’hui, Spoune fonce tête dans le guidon avec les leçons microéconomiques du Tour de France. 

Tous en selle, Spoune ! 

Vélo oblige, cette Spoune va fonctionner sur deux roues :

  • Une roue de vélo 🚴 : l'explication d'un phénomène du Tour de France 
  • Une roue de l’éco 💰: un parallèle avec un concept clé de la micro-économie 

3, 2, 1, baisser de drapeau : c’est parti ! 🏁

L’effet peloton, aka savoir rester au chaud

  • 🚴 L’effet d’aspiration ? C’est la base du vélo : un coureur placé derrière un autre fait toujours moins d’efforts que celui qui est devant. À quel point exactement ? Plus il y a de cyclistes et plus ils vont vite, plus l’effet est puissant : à l’arrière du peloton, la résistance de l’air peut-être jusqu’à 20 fois moindre.
  • 💰 En finance aussi, c’est souvent plus facile de performer en faisant comme tout le monde. Comme disait Keynes, « les marchés peuvent rester irrationnels plus longtemps que vous ne pouvez rester solvable.» Certes, miser sur des ETFs est un peu grégaire, mais bon, au moins… ça marche.

Learning : en finance comme en vélo, le groupe a (presque) toujours raison… 

Les relais, aka méfiez-vous des passagers clandestins

  • 🚴 À cause de l’effet d’aspiration, la manière la plus efficace d’aller vite en vélo, c’est de prendre des relais : les cyclistes passent successivement les uns devant les autres pour alterner phases d’effort et de repos. Sauf qu’il y a toujours un petit malin qui tente d’en faire moins que les autres… 
  • 💰C’est le phénomène dit du passager clandestin décrit par Mancur Olson dans Logique de l’action collective (1965). 

 “En cas de réussite de l'action collective, le passager clandestin bénéficie des gains de l'action collective sans en supporter le coût ; en cas d'échec, il ne perd rien.” 

Ce qui mène au paradoxe d’Olson : il peut-être rationnel pour des individus ayant un intérêt commun de ne pas coopérer (et d’espérer que les autres bossent à leur place). Sauf que si tout le monde privilégie l’individuel sur le collectif, on ne va pas très loin…

Learning : l’individualisme n’est pas une stratégie gagnante à long terme, alors croyez au pouvoir de la coopération. 

L'attaque, aka savoir choisir son terrain

  • 🚴 En cyclisme, l’effet peloton dissuade souvent les initiatives individuelles – c’est pour ça que certaines étapes sont parfois très (très) propices à la sieste. En revanche, certains types de parcours favorisent certains individus : c’est dans ces moments-là qu’on assiste à UNE ATTAQUE. En général, les cyclistes se divisent en 4 catégories :
  • 💰Vous aussi, avant de vous lancer dans un investissement, vérifiez que vous évoluez en terrain connu (ou au moins propice). Et surtout : repérez le parcours à l’avance pour être sûr qu’il vous correspond !

Learning : n’investissez jamais dans quelque chose que vous ne comprenez pas. 

Se raser les jambes, aka l’importance des gains marginaux

  • 🚴 Pourquoi les cyclistes se rasent les jambes ? Pas pour l'aérodynamisme, mais pour favoriser la récupération et l’efficacité de leurs crèmes de massage. OK, c'est n'est pas fondamental pour les courses d’un jour, mais crucial pour les 3 semaines du Tour de France...
  • 💰Négocier 0,5 % de réduction ? Au restau ou pour une dépense ponctuelle, ça ne vaut sans doute pas le coup. En revanche, au moment de souscrire à un nouvel investissement avec votre banquier, il n’y a aucun doute : ces frais vont se cumuler dans le temps et pourront à terme représenter une énorme somme… 

Learning : maîtrisez l’effet boule de neige cher à Warren Buffett ; à long terme, les micro-gains font les grandes victoires. 

Le “chasse-patates”, ou l’art de ne pas se lancer à contretemps

  • 🚴 Le “chasse-patates”, c’est quand un coureur essaye de rattraper tout seul un groupe devant lui. Ce qu’il se passe en général ? Soit il ne rattrape jamais le groupe. Soit, quand il y arrive, il est de toutes façons beaucoup trop fatigué pour espérer gagner… Bref, ça ne sert souvent à rien
  • 💰Voir un cousin qui n’y connaissait rien se vanter d’avoir investi dans le bitcoin au bon moment alors que vous vous tâtiez depuis 2 ans, c’est agaçant. Mais ne vous laissez pas abuser : si tout le monde est emballé, c’est qu’il est a priori trop tard pour y aller. 

Learning : n’essayez pas de rattraper les occasions loupées. 

La danseuse, ou l’art de varier les efforts

  • 🚴 La "danseuse” ça consiste à se mettre debout sur le vélo. À quoi ça sert ? Au-delà du style, à faire travailler une autre chaîne musculaire pour varier les efforts. Et comme la danseuse permet de mettre l’ensemble du poids du corps sur les pédales, elle est encore plus efficace en montée.
  • 💰 En finance non plus, il n’y a jamais une seule position idéale. Il faut savoir adapter ses investissements au contexte – sans pour autant modifier toutes ses positions dès que le vent tourne…

Learning : la diversification, c’est essentiel. Ne mettez jamais tous vos œufs dans le même panier. 

La victoire, ou pourquoi ce n’est pas toujours le meilleur qui gagne

  • 🚴 C’est une des grandes injustices du vélo : même si on court par équipe, à la fin, il n’y a qu’un seul vainqueur. Les autres membres de l’équipe ? Ce sont des gregarios : des coureurs moins doués qui se sacrifient pour leur leader – leur absence de reconnaissance étant compensée par une prime financière. 
  • 💰À situation équivalente, deux personnes n’auront pas forcément les mêmes objectifs, et ne se satisferont pas des mêmes rétributions. Avant de vous lancer dans un projet, vérifiez systématiquement qu’il coche les cases importantes pour vous. Comme par exemples les 3F : le fun, le fric et la fame

Learning : même la victoire est relative. Définissez toujours clairement vos objectifs à l’avance.

Le grupetto et la voiture-balai, aka comment gérer l’échec

  • 🚴 Parfois, quand un coureur n’a plus de force, il va rejoindre le grupetto : le petit groupe qui cherche juste à arriver dans les délais pour éviter l’élimination. Et si vraiment le coureur ne peut plus aller plus loin, il pourra monter dans la voiture-balai.
  • 💰La voiture-balai, c’est un peu le soutien de l’Etat : celui que les banques demandent en cas de crise, selon ce principe étrange de “privatisation des bénéfices et mutualisation des pertes”.

Learning : de la même manière qu’il y a des courses sans voiture-balai, il y a des états sans régulation. Donc tant mieux si on a une voiture-balai ! Mais ceci étant dit, on n’est pas non plus obligé de faire monter les coureurs qui abandonnent dans une Rolls-Royce…

Et voilà ! Le chasse-patates et le grupetto n'ont plus de secret pour vous. Ne vous manque plus que le bob Cochonou…

Retrouvez le 2e épisode de notre Summer of Spoune : la microéconomie en tongs.

🚴 D'ici, invitez un ami dans le peloton de Spoune : partagez Spoune ! 🚴

L'Uppercut du jour

Le dopage, c’était mieux avant ? Cigarette fumée avant l’étape pour “ouvrir” les poumons, bière ou vin utilisé comme “remontant”... Avant le dopage mécanique ou sanguin, il y a eu le dopage à l’ancienne : la veille d’une étape de 1919, un certain Eugène Christophe s’était rendu à un méchoui où la sangria était servie à la louche depuis une baignoire. Le lendemain, un peu amoindri, il se reprend rapidement en ingérant, juste avant la descente vers Toulouse, un bidon de champagne… Le champ’ des champions.