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Comment les riches dépensent-ils leur argent ?

🥄Temps de lecture : 
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Youhou ! Bientôt les vacances. Alors, vous faites quoi cet été ? 

Nous, on s’est mijoté un programme aux petits oignons. On commence à Londres pour la finale de Wimbledon avec nos potes Benedict (Cumberbatch) et Tom (Hiddleston). Juste après, on squatte le yacht de David (Geffen) dans les Baléares - un canot de $590 millions avec terrain de basket intégré. On enchaîne au large de Venise avec Diane (Von Furstenberg), qui nous a invités sur son voilier (pour la petite histoire : c’est le plus grand du monde). Et pour revenir au bureau en douceur, on s’est prévu un petit concert privé de Katy (Perry) et Lil (Nas X), à la cool, dans nos locaux. 

Bon ok, on avoue. Ce programme de vacances, ce n’est pas le nôtre, c’était celui de l’été 2019 de Jeff (Bezos).

Alors pour cette Spoune estivale, on a décidé 2 choses : 1, on appelle les milliardaires par leur prénom. 2, on s’interroge sur la richesse. À partir de quand devient-on vraiment riche ? Et surtout, une fois que c’est fait… que faire de tout cet oseille ? 💸

Programme du jour : les réponses à ces questions + quelques recos vacances sympa en passant.  

Où sont les riches ? 

Spoiler : tout à l’heure, on jouera à “Où est Charlie - édition millionnaires”. Mais avant ça, on va commencer par deux constats

#1 - les riches sont de plus en plus nombreux. Partout dans le monde, le nombre de millionnaires a augmenté : en 2019, ils étaient 19,6 millions (0,0025 % de la population). Et en France, ils progressent encore plus rapidement qu’ailleurs : + 11 % entre 2018 et 2019 pour atteindre 702 000 (#quedesmillionnairesdansmateam). 

#2 - les riches sont de plus en plus riches. Comme le montre la géniale courbe de l’éléphant (“meilleur graphique de l’année 2014” pour le New York Times), même si la richesse globale augmente, dans les sociétés occidentales, l’écart se creuse : les revenus des 1% les plus riches ont progressé de 70 % en 30 ans - contre 10 % pour les classes moyennes.

Hum, et une fois qu’on a dit tout ça ? 

À quel point les riches sont-ils riches ? Pour vraiment mesurer la différence, prenons l’exemple d’Elon (Musk), 3e homme le plus riche du monde. Elon possède 22,4 % de Tesla, valorisée 650 milliards de dollars. Théoriquement, en vendant ses parts, il pourrait récolter 145 milliards de dollars.

145 milliards ? Pour le fun, on a fait quelques calculs : ça fait 10 millions d’années de boulot payées au SMIC. Et sachant que l’australopithèque est apparu il y a 4 millions d’années, un travailleur qui bosserait au SMIC depuis l’apparition de l’humanité n’aurait même pas accumulé la moitié de la fortune d’Elon

Un million ?!? 

Si comme Larmina vous avez encore du mal à mesurer la différence entre 1 million et 1 milliard, dites vous que si 1 million était 1 journée, 1 milliard représenterait 2 ans et 9 mois. Bref, ça fait un peu plus de RTT à poser.

Et pourtant : Elon a beau être immensément riche (en théorie), il continue à devoir revendre ses maisons pour financer ses projets. Comme vous le savez, les riches adorent s’endetter grâce à l’effet de levier. Ce qui explique aussi ce syndrome qui touche pas mal de ces gens qui possèdent des thunes et sont à l’aise financièrement : ils ont tendance à penser que les riches, c’est les autres.

Pourquoi ? Parce que la richesse est - surprise ! - relative. Et du coup, c’est parti pour notre “Où est Charlie - édition millionnaire” : on part explorer les différents niveaux de richesse. 

Les niveaux de la richesse

Comme disait Jay-Z : “What’s fifty grand to a motherfucker like me ?” 

50 000 dollars ? Pour une non-star du rap, ça fait une sacrée somme (c’est même le montant de l’apport moyen d’un premier achat immo - sans Virgil, évidemment). En revanche pour Jay-Z et sa fortune de $500 millions, ça ne représente plus grand chose : que 0,01 %. 

Ces 0,01 %, le blogger Nick Maggiuli les définit comme le seuil de dépense indolore : en gros, le montant que vous pouvez dépenser sans vous poser aucune question. 

Et c’est même en fonction de ce seuil de dépense indolore qu’il a défini 6 niveaux de richesse

  • Jusqu’ à 1 euro => niveau 1 - les fins de mois en stress. 
  • Jusqu’ à 10 euros => niveau 2 - faire les courses sans stress
  • Jusqu’ à 100 euros => niveau 3 - aller au resto sans stress
  • Jusqu’ à 1 000 euros => niveau 4 - partir en vacances sans stress
  • Jusqu’ à 10 000 euros => niveau 5 - devenir proprio sans stress
  • Jusqu’ à 100 000 euros => niveau 6 - devenir philanthrope sans stress

6 tailles de portefeuilles... et 6 manières d’être riche qu’on explore dans le détail en parlant budget, stratégie d’investissement, tentation à éviter et même… conseil vacances 😎

Niveau 1 : Les fins de mois en stress

  • Seuil de dépense indolore : 1 euro
  • Budget : Hyper serré, vous optimisez vos dépenses à l’euro près. 
  • Stratégie d’investissement :  La tirelire. Vous économisez euro par euro en espérant un jour investir. 
  • Tentation à éviter : Vous n’avez pas beaucoup de marge, alors gaffe aux biens de Giffen : ces biens dont la demande augmente même quand le prix monte, tellement ils sont indispensables (cf. les patates pendant la famine irlandaise). Checkez bien le prix des pâtes. 
  • Conseil vacances : Les vacances gratuites, c’est possible ! Par exemple dans les refuges non-gardés de montagne, comme la cabane de Royon, dans le Vercors. 


Niveau 2 : Faire les courses sans stress. 

  • Seuil de dépense indolore : 10 euros
  • Budget : Au supermarché, vous ne stressez pas au moment de remplir votre panier. 
  • Stratégie d’investissement : Vous avez programmé vos premiers versements mensuels automatiques sur un PEA ou une assurance-vie (pour être sûr de bien choisir, c’est ici): mais attention, l’épargne, c’est ce qu’on met de côté au début du mois, pas après avoir rempli le caddie...
  • La tentation à éviter : Attention au théorème du rouge à lèvres, qui veut que plus les finances vont mal, plus on compense avec des “dépenses du kif”. Là, le crédit conso vous pend au nez, et avec lui la spirale de l’endettement.
  • Conseil vacances : Un coin de Paradis à moins de 10 euros ? Carrément jouable, par exemple au camping municipal de l’île de Bréhat


Niveau 3 : Aller au resto sans stress

  • Seuil de dépense indolore : 100 euros. 
  • Budget : Au resto, vous ne regardez même plus les prix à la carte.
  • Stratégie d’investissement : Depuis que vos revenus vous permettent enfin d’emprunter, vous avez découvert les joies de l’effet de levier
  • Tentation à éviter : Attention à l’adaptation hédonique : quand on prend des habitudes dépensières, il est très difficile de revenir en arrière… Alors doucement sur le coup de fourchette. 
  • Notre conseil vacances : Même dans les capitales, on trouve des supers hôtels à 100 euros.


Niveau 4 : Voyager sans stress. 

  • Seuil de dépense indolore : 1 000 euros. 
  • Budget : l’argent n’est plus un problème - et apparemment, l’écologie non plus. Vous voyagez où et quand vous voulez. 
  • Stratégie d’investissement : deux options. Soit vous n’y connaissez rien et vous suivez les recos de votre conseiller de gestion en patrimoine. Soit vous lisez Spoune et vous jonglez allégrement entre actions et ETF
  • Tentation à éviter : À force de posséder des thunes et à être à l’aise financièrement (bis), vous résistez vainement à l’appel des biens positionnels : ces produits luxueux qu’on achète surtout pour signaler un statut social. L’excès de bling guette.
  • Conseil vacances : Quitte à voyager partout, autant le faire avec goût et pas trop loin. Alors pourquoi pas dans une des sublimes chambres de La Mirande ?


Niveau 5 : Proprio sans stress

  • Seuil de dépense indolore : 10 000 euros.
  • Budget : Dans la résidence principale de vos rêves, vous ne manquez de place ni pour les chambres d’enfants, ni pour la piscine.
  • Stratégie d’investissement :  Bien installé dans la trompe de l’éléphant, vous avez confié vos finances à une banque privée (minimum d’actifs : environ 1 million) ou à un family office (5 millions). 
  • Tentation à éviter : Quand on achète une résidence secondaire, on a envie de se lâcher sur la déco. Mais attention : à la revente, le marché peut s’avérer beauuuucoup moins fluide que dans les grandes villes.
  • Conseil vacances : Pour changer du yacht de Diane ou David, foncez au Domaine de Murtoli et ses bergeries à 6 000 euros la nuit. 


Niveau 6 : Devenir philanthrope sans stress. 

  • Seuil de dépense indolore : plus de 10 000 euros. 
  • Budget : Vous n’avez plus checké votre compte en banque depuis que vous avez embauché quelqu’un pour ouvrir votre courrier. 
  • Votre stratégie de (dés)investissement : Le plus dur quand on a tellement d’argent… c’est d’arriver à le donner (voir notre uppercut de fin de soirée). 
  • Tentation à éviter : À moins de faire vraiment n’importe quoi, ça devrait bien se passer.

Conseil vacances : Si vous vous êtes lassés de la bien nommée Platinum Coast, à la Barbade, allez vous renouveler devant l’émission The Millionnaires Holiday Club de la BBC.

Quelques conseils pour finir 

Dans cette pyramide de la richesse, l’ordre des inégalités est de 1 à 10 000 - un poil déprimant. La bonne nouvelle ? L’immense majorité des expériences accessibles se situent plutôt dans un rapport de 1 à 10. Prenez le Spritz à Venise : le moins cher est à 2,50 euros à l’Osteria Al Squero, le plus cher à 23 euros au Palazzo Gritti. Et entre une bouteille de vin à 7 ou 70 euros, vous avez déjà de quoi largement explorer et vous faire plaisir - sans vivre complètement au-dessus de vos moyens.  

Et puis de toute façon, “la vraie richesse, ce n’est pas de posséder beaucoup, c’est d’avoir besoin de peu”. Pas vrai ? Demandez simplement à Joe Heller.


Uppercut de fin soirée

On ne plaisantait pas quand on disait que le plus dur quand on a beaucoup d’argent, c’est d’arriver à le donner suffisamment vite. C’est même ce qui est arrivé aux 62 signataires du Giving Pledge, parmi lesquels Bill (Gates), Elon (Musk), Mark (Zuckerberg), Ray (Dalio), Richard (Branson) ou Reed (Hastings, de Netflix). Leur problème ? Entre 2010 et 2020, leur fortune a augmenté de… 95 %, passant de $376 milliards à 734. Résultat, seulement 11 des 62 signataires ont réussi à donner suffisamment d’argent pour être moins riches en 2020 qu’ils ne l’étaient en 2010. Eh oui, à partir d’un certain moment, donner de l’argent, ça peut carrément devenir un job à plein temps…